Les Tziganes

par Willy Wenger

La Légende


  • De vieilles légendes racontent pourquoi et comment les Tziganes quittèrent l’Inde, leur patrie d’origine. L’une d’entre elles raconte que les Tziganes habitaient près du Gange, leur chef était puissant et respecté et sa voix était entendue sur toute la terre. Ce chef avait un unique fils, nommé Tchen. Dans le pays de Hind régnait alors un roi très puissant et son épouse favorite avait donné naissance à une fille dont le nom était Gan. A la mort de son père, Tchen décida d’épouser Gan qu’il considérait comme sa soeur, bien qu’elle ne le fut pas. Le peuple se divisa en deux factions et un sorcier prédit invasions et catastrophes. Peu de temps après, comme prédit, des envahisseurs détruisirent le pays. Les opposants de Tchen et de ses partisans les chassèrent du pays et un grand sorcier déclara que jamais ils ne dormiraient deux nuits de suite dans le même lit ni ne boiraient deux fois de la même eau, et qu’ils étaient condamnés à errer sans fin sur la terre.
  • Emil Volkers

    Campement Tzigane près de Düsseldorf, Allemagne, c. 1905, par Emil Volkers


L’Origine

Au cours de leur errance, les tziganes eux-mêmes, pour des raisons obscures se disaient originaires d’Egypte. Il fallut attendre 1783 et les travaux de Grellman pour attester de leur origine indienne incontestable. La langue est très proche de l’hindi et plus précisément celui qui est parlé au nord-ouest de l’Inde. Le romani actuel est plus proche de l’hindi ancien que de l’indien contem- porain. Cette langue représente dans les faits le seul «livre» des Tziganes et demeure leur mémoire collective, enrichie çà et là de nouveaux vocables empruntés aux cultures côtoyées.

L’Errance

Les premières migrations se situèrent en Iran et en Arménie, puis vers l’Empire Byzantin. Quelques groupes restèrent en Arabie tandis que de plus petites communautés partirent vers la Syrie, l’Egypte et l’Afrique. Des Tziganes musiciens les avaient cependant pré- cédés vers 420, en Iran à l’invitation du Shah de Perse. Mais dans les faits, l’exode s’étala dans le temps puisque l’on peut situer les premiers grands départs aux VIIème et VIIIème siècles lorsque les Arabes, venus d’Iraq, d’Iran et d’Asie centrale envahirent le Sind. Par la suite les invasions se multiplièrent, venues d’Afghanistan aux XI ème et XII siècles, puis celle de Gengis Khan dont les hordes dévastèrent l’Asie centrale. C’est sans doute à cette époque que les Tziganes furent les plus nombreux à quitter le pays. Enfin Tamerlan fut le dernier de ces grands conquérants à faire fuir en masse les populations. Après avoir quitté l’Inde, des groupes plus ou moins importants allaient de pays en pays, parfois enrôlés de force dans les armées, sans pour autant perdre leur identité.

Les Implantations

De nombreux mots de la langue la plus usitée par les Tziganes sont d’origine arménienne où ils arrivent au XI ème siècle. Leur première apparition à Constantinople se situe au début du XIVème siècle, ainsi qu’en Crête, puis dans la région de Dubrovnik vers 1362. Les Turcs ayant conquis la plus grande partie des Balkans, on retrouve tout naturellement les Tziganes en Thrace, Bulgarie, Serbie, Roumanie où, souvent esclaves, ils devront attendre 1851 pour être émancipés. Dès le début du 15ème siècle, on les retrouve dans les grandes villes d’Europe. L’un de leur chef se déclara lui-même «Comte de la Petite Egypte» à Chatillon- en-Dombes. Leur arrivée à Paris se situe en août 1427. Arrivé en Espagne en 1425, un groupe chassé de France se voit ordonner de quitter le pays en 1449. Comme il refuse d’obéir, des mesures exemplaires sont prises, allant même jusqu’à les rendre aveugles sous le règne de Philippe V et jusqu’à la déportation. Les motifs de ces persécutions ne manquent pas, les Tziganes étant même accusés d’avoir fabriqué les clous ayant servi à crucifier Jésus, d’où leur errance et leur damnation éternelle.

La Musique


  • On le comprend aisément à la lecture de ce qui précède, les Tziganes, tout en préservant farouchement leur identité, s’adaptent au pays dans lequel ils vivent, en adoptant la religion et certains usages, et cela est valable pour la musique. Il n’existe pas à proprement parler de musique tzigane, mais un style très souvent empreint de mélancolie. Ceux qui en ont les moyens se servent des instruments les plus populaires des pays où ils vivent, violon et cymbalum en Europe centrale, guitare en Espagne et en France, tout leur est bon pour faire la fête et s’ils n’ont pas les moyens d’avoir un vrai instrument, les substitutions ne manquent pas.
  • GPO rehearsals on november 2014

    Répétitions de l’orchestre en novembre 2014

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